Européenne

ISTAMBUL : la « Sublime Porte » se refermerait-elle à nouveau sur l’Occident ?

par Gabriel Grosrenaud

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La « sublime porte »

Depuis des siècles et plus particulièrement depuis le XVème siècle (chute de Constantinople en 1453), alors que Colomb n’avait pas encore découvert l’Amérique, cette merveilleuse « cité » ou territoire de Byzance, devenue Constantinople (Empire Romain d’Orient) et de nos jours Istanbul (capitale de l’Empire ottoman), marquait bien plus que symboliquement le passage de l’Orient vers l’Occident. Une sorte d’interface.

Le courage d’Ataturk

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Le héros de l’ouverture

Depuis la laïcisation de la société par Mustafa Kemal dit Atatürk (président de la République de 1923 à 1938), la Turquie s’était progressivement tournée vers l’Occident et la modernité.

Le mouvement de balancier entre Occident et Orient a cependant toujours existé et déjà au siècle des Lumières, la « Grande » ou « Sublime » Porte » (Kapi) faisait couler beaucoup d’encre, alternant critiques et admiration.

Depuis quelques années, l’Europe a décidé, à tort ou à raison, d’interdire à la Turquie l’intégration européenne dans l’UE. Toujours est-il que l’Histoire montre que ce grand pays a toujours réussi à réagir aux vexations et aux vicissitudes, parfois en allant très loin sur des chemins hasardeux.

En témoignent les tensions récentes en matière militaire entre l’Europe et la Turquie et plus particulièrement avec la France, comme le montre l’incident naval franco-turc très récent. La France accuse la Turquie d’avoir « visé » (ou préparé le tir), une de ses frégates, le Courbet, qui effectuait un contrôle de navires soupçonnés de violer l’embargo sur les armes à destination de la Libye. Étrange !

Une Turquie entre deux chaises qui la font pencher vers l’Est

Membre de l’OTAN certes mais nous ne lui avons toujours pas ouvert la porte de l’UE alors que ce pays est déjà membre du Conseil de l’Europe, où il est très actif. Dans cet imbroglio, le fruit d’évolutions des responsabilités est à partager : six siècles d’un « je t’aime / je ne t’aime plus » entre l’Europe et la Turquie. Il faut pourtant bien se rendre à l’évidence, la « Sublime Porte », dont nous ne détenons pas les clefs, constitue et constituera toujours, pour des raisons stratégiques, le principal verrou entre l’Orient et l’Occident.

L’islam comme ciment ?

La « Sublime Porte » s’est refermée symboliquement le 11 juillet 2020 du côté de l’Europe et la volonté expansionniste ancestrale de la Turquie ottomane porte désormais naturellement son regard, de plus en plus, vers l’autre rive du Bosphore d’où elle vient et où ses voisins d’Asie Centrale sont souvent turcophones et musulmans.

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La réouverture au culte musulman de Sainte Sophie – Hagía Sophía, (« sagesse divine »), musée depuis 1934 devenant lieu de culte après un temps de laïcisation, est le plus mauvais signe qui soit car cela marque une volonté du pouvoir en place de satisfaire les religieux turcs et de cadenasser un peu plus encore la « Sublime Porte » en direction de l’Occident.

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Un ouvrage précieux de référence propriété de l’auteur

Gabriel Grosrenaud

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