Démocratie

Il n’y a pas que l’abstention qui révèle et creuse le fossé.

En préambule, un mouvement d’humeur désabusée.Après tout le pire n’est jamais sûr.

 Allo les amis bobo ! et puis, même pas mal !

 Bon c’en est fini de tout ce tapage, le peuple , enfin 36% des électeurs inscrits a donné le clap de fin, dimanche soir. Enfin terminées ces élections municipales qui nous ont tenus en émoi durant plus de trois mois, depuis le 15 mars avec un confinement de deux mois pour méditer, jusqu’à ce dimanche libérateur de la St.Irénée (le mot grec ‘ειρήνη’ (eirènè) signifie ‘paix’). Qu’on ne s’y méprenne pas, il ne s’agit pas de la ramener en helléniste mais au contraire d’inviter à l’irénisme. Là tout le monde suit. D’ailleurs vers minuit le tohu-bohu cessa sur FR 3 (302). Joli travail à saluer au passage comme celui de la presse en général DNA surtout.

Ouf! On présentait un film X sur une chaine voisine, tant pis pour les fouteux encore que les deux (X + foot) ne soient pas incompatibles.

Cà c’était à Strasbourg et « il est un âge dans la vie où chaque rêve doit finir », çà c’est en Normandie et un peu partout. Les « âges mûrs » comprendront.

Reste encore à humer l’air du lendemain. Pour çà rien de tel que les réseaux sociaux où le raffut est reparti de plus belle. On s’y interpelle, on explique, on s’autosatisfait d’avoir tout prévu, on accuse ou on excuse, on s’invective, on s’insulte et finalement le plus étrange c’est que nombreux sont ceux qui retournent leur veste, évidemment pour voler au secours de la victoire. Eh oui et parmi ces agités de la première heure, il en est même qui se vantent de n’avoir pas voté. Excusez du peu mais il y en des vrais… de vrais.

Il est vrai tout autant que rien de tragique ne nous attend surtout que les têtes des trois listes étaient issues de la majorité municipale sortante. Pas d’extrêmes. Que des gens de bonne tenue.

Les victimes à consoler sont les déçus, sincères. Ceux qui y ont cru jusqu’au bout .   AS

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Et l’Europe dans tout çà ?Annick Sittler et ses ouailles Photo de Annick :c’était avant le vote…vert???

Le constat, les causes, les effets et les dessous.

Rappel des résultats

Jeanne Barseghian avec sa liste d’Europe Ecologie-Les Verts gagne clairement ce second tour à Strasbourg, avec 41,70 % des suffrages.

Alain Fontanel (« Unis pour Strasbourg ») deuxième, avec 34,95 % des voix.

Catherine Trautmann, un score très honorable de 23,33 % 

Abstention: 63,33%  PARTICiPATION 36,66%

Jeanne Bardeghian est maire de Strasbourg pour six ans et peut-être plus …..ou moins… 

 Nous l’avons évoqué dans notre préambule . Après tout, séchez vos larmes ou retenez vos cris de joie Rien n’est jamais joué comme on croit. Les temps changent vite, de plus en plus vite et les femmes et les hommes aussi, parfois encore plus vite.

Les chiffres ont parlé, clairement ,indiscutables mais ils sont ce qu’ils sont à l’instant « t » celui où le dernier bulletin tombe dans l’urne. A l’ouverture de la campagne avant le premier tour ,qui aurait prophétisé de tels résultats ?Capture d’écran 2020-07-01 à 19.59.59photo eurolatio FA

 

La personne choisie clairement par les votants sortait de la partie la plus ombragée de l’équipe majoritaire du Conseil Municipal : quasi anonyme pour le grand public, sans casserole ni haute tonalité, affable et de présentation plutôt agréable, elle « était » une composante discrète du groupe des écologistes. L’adjoint spécialisé Jund ne semble pas l’avoir beaucoup impliquée visiblement dans ses actions si tant est qu’il y en aient eues, de bien spécifiques dont l’ éclat aurait filtré à travers les débats. A ce sujet une remarque s’impose : la majorité municipale ou municipalité (au sens du droit public, maire, adjoints au maire et conseillers municipaux délégués) a subi quelques avatars faits de défection/démission, de changement de parti d’appartenance par l’adhésion à LaREM comme le plus illustre d’entre eux Alain Fontanel. Le maire ,jamais mis en cause , a laissé faire avec une certaine bienveillance à condition que les accords de programme signés en début mandat soient respectés. Ce qui fut le cas mais la cohésion nécessaire en souffrit. Certains pensent qu’une dissolution à un moment bien choisi aurait changé la donne en vidant l’abcès. Et voici que pour le sprint final ,c’est Jeanne Barseghian qui l’emporte .Félicitations.

On la disait néophyte ( nous ici aussi). Eh bien permettez à un observateur chevronné de remarquer que, dans les premiers débats, on la sentait  peu sûre d’elle et que au fil de la pratique elle est arrivée au même niveau que ses adversaires plus aguerris, en peu de temps. Pas facile.

D’emblée hier, dans une ITV ,elle s’est montrée très conciliante , peu radicale voire ouverte à travailler avec l’opposition. Non la flèche de la cathédrale ne s’est pas effondrée et l’Ill n’a pas débordé. On sait que des réalités  s‘imposent  à un point tel que des louables utopies sont souvent oubliées ou largement amendées 

De plus dame Jeanne est une européenne convaincue.Ella a été la seule tête de liste qui ait participé aux rencontres  franco-allemandes  pour l’ouverture de la frontière. Nawel Rafik Elmrini est venue pour représenter Fontanel. Deuxième photo d’ Annick

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Nawel sans masque sur la passerelle 

Le favori au départ, Alain Fontanel ne s’est pas imposé comme un chef efficace. 

La déclaration de candidature avait été une fête. Bien qu’attendue sans mystère, elle réjouissait les cœurs et les esprits surtout des conservateurs contents et ceux qui connaissaient l’ héritier présumé du trône. En monarchie oui, en démocratie non!

Intronisé par le maire R.Ries, le dauphin, homme jeune, élégant diplômé expérimenté, sans casseroles ce qui est une performance en ces temps de délation forcenée, Alain Fontanel faisait figure de favori incontestable. En outre, il s’était bien préparé sans s’entourer cependant de solides piliers bien établis. En avait-il? Oui quelques-uns qu’il a négligés

Mais aux yeux de nombreux observateurs voire d’adhérents ardents de son camp, il aurait accumulé les erreurs.

A commencer par la laborieuse et hésitante confection de la liste concoctée avec l’aide, si l’on peut dire, d’un directeur de campagne importé, jeune du style de la garde juvénile du Président Macron .On se rappelle que ce fut un jeune strauskhanien libre après le « retrait » de son mentor, qui, s’engageant dans l’entourage du candidat à la présidence devint après la victoire, conseiller politique à l’Elysée et sera chargé d’élaborer la liste LaREM et Modem, Agir, Radicaux…pour les européennes, liste dite Renaissance accouchée plutôt dans la douleur. Aucun rapport évidemment avec la liste « A » de Fontanel encore que….pour ce qui est du modus operandi, il y ait de cela.

Par ailleurs certains lui reprochent que, bon gré mal gré, il ne communiquait pas suffisamment , les « plans » étant dessinés en petit comité hermétique ne laissant filtrer que des bribes Sans doute cette prudence était-elle due à la diversité d’origine des supporters et   la peur de la défaite poussait à ratisser  large. Mais « qui trop embrasse mal étreint » dit-on Et ce sont les marcheurs qui se sont sentis floués.

On ne dira pas que le Modem qui est  « congénital  » de En Marche a beaucoup pesé son président étant quasiment mutique et ce serait  plutôt d’autres chapelles plus  actives qui infiltraient plus habilement la strate supérieure de l’empilement hétéroclite. ou des adhésions hâtives de circonstance.

Toujours au détriment du premier cercle qui s’est découragé.

Puis la liste B avec Jean-Phippe Vetter comme associé n’a pas assuré un rebond conjoint  que devaient apporter les nostalgiques de la droite traditionnelle, version Alsace. Celle-ci a même comblé partiellement les départs des opposés à la fusion partis en grand nombre et pas les moindres comme Alain Beretz et d’autres. Ils n’ont plus milité si ce n’est discrètement ailleurs.

la liste B ne peut être qu’un brouillon griffonné à la hâte dans l’urgence Du coup c’est non seulement la victoire qui s’envole mais la disparition de gens  d’influence comme l’incomparable Nawel Elmrini, ou l’ardente militante Laurine Roux et tant d’autres.Les Grosrenaud , Cheviron  etc ont été déboutés après avoir été tenus en haleine.

Dès lors on voit apparaître des  » créatures » d’appareil jusque là inconnues. C’était çà la stratégie novatrice?

A droite disparaissent des valeurs sûres comme Pascale Jurdant-Pfeiffer, Bornia Tarall et surtout, incroyable  Eric Senet un des ténors ( tous arts confondus) les plus pugnaces avec Pascal Mangin et Jean-Phippe Maurer et Elsa Schalk…….qui pourront au moins s’exprimer dans l’opposition que Fontanel veut  » vigilante » ( sinon c’est l’obstruction? dans la rue? Où?)

Les circonstances n’étaient pas favorables mais le confinement aurait pu servir à préparer sérieusement toutes les configurations. Une fonction du chef consiste à organiser la victoire certes! Il doit envisager également les positions de repli  et organiser la suite selon  toutes les configurations

Les meetings « physiques » n’ont pas pu se tenir et les discours par média sont forcément très convenus et n’ont révélé ni des qualités jusque là ignorées des personnes ni des idées programmatiques très innovantes

Mention très honorable pour Catherine Trautmann

Le doyenne, (les autres étant des p’tits jeunes),  dont le temps n’a pas émoussé la brillante combativité ni l’intelligence pertinente pas plus que la hauteur de vue que requiert la vraie vie politique sérieuse, a sauvé l’honneur du PS ou ce qui en reste. Depuis son élection à la mairie il y a plus de trente ans et son parcours dans toutes ses fonctions dont celles de ministre, elle n’ jamais perdu le respect de ses concitoyens et le conservera. Elle continuera de servir  sa ville sans doute dans une opposition constructive ou au moins éclairante.

Alors  » grève civique » ou artéfact cette élection bizarre?

Jean-luc Melanchon a vu dans l’abstention massive une  « grève civique », belle formule que Gérard Bouquet ne conteste pas directement car il écrit en marge de la question: »

 « La poussée verte à Strasbourg et ailleurs est le fruit d’une catégorie d’électeurs aisés,diplômés et favorisés de centre-ville Ce n’est en aucun cas la victoire d’une gauche populaire.De ce côté là tout reste à faire »

Si c’est la grève civique, c’est fait!

De notre côté nous serions tentés de regretter  que ce soit la rue et les manifestations intempestives qui ont remplacé les urnes. Aucune confiance dans le monde politique jugé impuissant et trompeur! Crise morale et du moral? Les deux….

La violence dans la rue bien relayée par les médias plus que complaisants est beaucoup plus grave car elle n’a pas de limites, une revendication  spécifique en chassant une autre et ainsi de suite ,en abysses…

Il faut des changements  profonds qui requièrent une dangereuse fermeté.

        Antoine Spohr

 

 

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