Une exposition unique dans un musée insolite, à Baden-Baden.

L’œuvre de la légendaire artiste mexicaine Frida Kahlo est présentée par le KunstMuseum Gehrke-Remund jusqu’au 7 janvier 2018. Un évènement exceptionnel ! A Baden-Baden, partie du cœur de l’Europe.

 Une ville thermale prestigieuse et mondiale au cœur de la Forêt Noire.

La Ville a raison de vanter les attraits de cette charmante villégiature. Située à seulement 60 kilomètres de Strasbourg, il n’y a même plus de frontière à franchir pour aller admirer la beauté de son cadre, ses promenades, son casino, ses hôtels et magasins de luxe, son hippodrome… Ce lieu d’art et de culture est fier de posséder la deuxième plus grande salle d’opéra et de concerts d’Europe (le «Festspielhaus») et aussi de très beaux musées (Fabergé, Frieder-Burda, Staatliche Kunsthalle). Irrésistible !

Si nombre d’illustres personnages sont nés ou ont résidé à Baden-Baden (Brahms, Dostoïevski, Furtwängler, Boulez…) Wilhelm Kahlo n’apparait pas sur la liste de Wikipédia bien qu’il y ait vécu jusqu’à l’âge de 18 ans avant d’émigrer de son Allemagne pour immigrer au Mexique. Certes, il n’était pas célèbre. Il devrait l’être à présent grâce sa fille Frida à laquelle un musée est dédié aujourd’hui. On a beau chercher, nul n’en fait mention.

L’arbre généalogique:

arbre généalogique Frida

 

Le KunstMuseum Gehrke-Remund* : Un concept très original.

Ici, ni faste, ni clinquant mais de l’émotion pure. On n’est plus dans le même registre.

Ce musée, d’apparence modeste, est abrité par d’anciens bâtiments industriels dans une zone à l’écart du centre touristique de la cité. Le GPS est fortement conseillé, sinon, une carte, un plan et un navigateur chevronné feront l’affaire pour y arriver. Il ne faut, en aucun cas, se laisser décourager par la difficulté d’accès. La visite vaut le détour et la beauté se mérite !

On connaît peu de choses de ses fondateurs, Dr. Mariella Remund et Hans-Jürgen Gehrke, si ce n’est leur passion partagée pour l’art et les artistes. Leur souhait est d’offrir aux visiteurs une  « expérience culturelle qui couvre tous les sens et un environnement qui ne touche pas seulement les yeux des visiteurs mais également leur esprit et surtout leurs cœurs ». Dans une mise en scène très soigneuse et rigoureuse, les peintures sont « présentées dans un contexte aussi proche que possible de la réalité de l’artiste » C’est réussi !

Dans ses murs?

Musée F.K (1)

Les 66 tableaux exposés ne sont pas les originaux mais des « répliques autorisées »*. Les experts ont souvent beaucoup de mal à démêler l’original de la réplique. Les deux « compères » sont les seuls à les avoir obtenus. Certains chicaneurs y trouveront peut-être à redire… Qu’importe! Les œuvres sont là, et bien là, et c’est l’occasion unique de les contempler sans avoir à traverser l’Atlantique. Le procédé permet, en outre, de voir des peintures disparues telle, « la table blessée« . Pour d’autres, détenues par des collectionneurs privés, « Petite fille avec un canard » par exemple, seules les répliques permettent qu’elles soient vues par le public. Qui s’en plaindrait ?

Frida Kahlo : « Son art est un ruban autour d’une bombe » (André Breton)

Ce musée est une immersion totale dans l’univers si particulier de Frida Kahlo.

Dans l’entrée, le décor reproduit la fameuse « maison bleue » (« casa azul ») de Coyoacàn, au sud de Mexico et, au centre de l’exposition, son jardin recréé. C’est dans cette maison familiale qu’est née Frida Kahlo en 1907. Elle y résida une grande partie de sa vie avant d’y mourir en 1954, à 47 ans.

Plusieurs espaces ont été aménagés où les tableaux, principalement des autoportraits, côtoient des photos, des vêtements traditionnels, des bijoux, des statuettes mexicaines … pour mieux restituer, de manière chronologique, la vie et l’œuvre inextricablement liées de l’artiste.

Le destin tumultueux fait d’ombre et de lumière de cette femme a été abondamment relaté dans des livres, des expositions ou des films (à noter celui de Julie Taymor sorti en 2003 avec l’excellente Salma Hayek dans le rôle de Frieda +++).

A travers sa peinture, elle est sa propre biographe.

La vie ne lui a rien épargné. Après sa poliomyélite, contractée dès l’âge de six ans, ses petits camarades l’avaient surnommée « Frida la Boiteuse ». Elle voulait être médecin avant qu’un tragique accident de bus ne devienne le déterminant majeur de son existence : bassin, côtes, colonne vertébrale brisés, abdomen transpercé, des opérations chirurgicales à répétition, la cloueront au lit pendant de long mois. L’art, qu’elle ne connait que par les livres et grâce à son père, sera son exutoire. La peinture « coup de poing » et la personnalité artistique propre de cette autodidacte lui vaudront la reconnaissance des « grands »: Breton, Picasso, Kandinsky… et surtout Diego Rivera, « le génial muraliste » mexicain auquel elle vouera un amour et une passion sans limite et avec lequel elle formera un des couples mythique de l’Histoire de l’art.

Frida, c’est de la souffrance, de la douleur, du désespoir tout au long de sa vie mais aussi une formidable énergie, un courage et surtout une incroyable envie de vie et de liberté. Malgré ses tourments, elle s’engagera et militera pour la défense de l’âme mexicaine et pour l’émancipation de la femme. Un personnage hors du commun à cet égard aussi !

Toutes ces facettes se retrouvent dans sa peinture : son style singulier, la puissance de ses portraits, les couleurs vibrantes, les images étranges, troublantes, violentes parfois. Certains auraient voulu la « classer » comme peintre surréaliste, elle s’en défendait :

« Ils pensaient que j’étais une surréaliste, mais je ne l’étais pas. Je n’ai jamais peint de rêves, j’ai peint ma réalité »

L’exposition doit son titre au dernier tableau, une nature morte, auquel l’artiste ajouta sa touche finale, quelques jours avant sa mort : sur un fond de ciel mi obscur, mi lumineux, des tranches de pastèques. Sur l’une d’elle, à la peinture rouge et en lettres majuscules, elle écrit sa devise : VIVA LA VIDA ,   Vive la vie !

image002

Gervaise Thirion.

 

*Kunstmuseum Gehrke-Remund , Güterbahnhofstrasse 9, 76532 Baden-Baden ‘Allemagne)

*Une réplique est une copie autorisée d’une œuvre sans variantes (dimensions, composition, couleurs) exécutée par, ou sous le contrôle de, l’artiste.

Rencontre  dans l’entrée de la maison bleue.

Frida et moi 13 mai 2017

Un commentaire sur « Frida Kahlo et « Viva la vida ». »

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