par Arthur de « Sauvons l’Europe »

Capture d_écran 2018-09-26 à 11.35.03La montée des droites extrêmes en Europe semble une marée inexorable et poisseuse, dont chaque recul nous rassure temporairement. Expression tout à la fois d’une peur identitaire et d’un mal démocratique, elle court d’un pays à l’autre selon leurs rives propres.

 Pour la droite classique, la question est existentielle. Quelle est sa pertinence face à ce double hurlant ? Est-ce un monstre né dans des recoins mal éclairés où il faut porter le feu, ou doit-elle y reconnaître son visage distordu, et l’accepter ?

La Hongrie est une pierre de touche malaisée de ces craintes. Dirigée par la droite depuis 2010, elle glisse sans cesse vers ce que des commentateurs qualifient de « démocratie illibérale » et qu’on peut à bon droit appeler un fascisme électoral.

Les libertés de la presse ont été réduites, les hauts fonctionnaires, les juges et les collectivités locales sont des affidés nommés, la loi électorale a été modifiée pour favoriser outrageusement le parti en place, la Constitution est modifiée tous les quatre matins pour y faire rentrer le sujet politique du jour, des migrations à la chasse aux sans abris, ou à la limitation du droit de grève. Les libertés académiques sont restreintes avec par exemple une taxe sur les écrits favorables aux migrations. On en passe, mais un point résume l’état des choses : Viktor Orban a été réélu en mai dernier en faisant essentiellement campagne contre l’implication de Georges Soros dans le pays. Il s’agissait de défendre le caractère national et chrétien de la Hongrie – et de l’Europe- face au plan d’un grand financier juif étranger prônant une immigration massive. Les périphrases aimables viennent difficilement pour qualifier ce régime.

Orban reste très populaire. L’économie tourne, et il n’existe pas de gouvernement de rechange.

La gauche est issue des anciens partis communistes de la dictature qui sont désormais frappés d’opprobre ; les libéraux ont laissé un mauvais souvenir de recul social. Le mouvement social ne débouche pour l’heure sur rien de constructif. Et la question taraude la droite européenne : que faire de cet enfant turbulent, qui est son représentant officiel en Hongrie ?

Petit à petit, les élections européennes à venir se polarisaient autour de cette question. Emmanuel Macron et Guy Verhofstadt formant un cartel électoral le dédiaient il y’a quelques jours à la lutte contre le populisme, et donc contre la droite qui soutenait Orban. Ce dernier pour sa part se posait en premier opposant à Macron.

Il devenait urgent pour la droite de faire un choix qui n’arriva point. Il y a deux semaines, au Parlement européen, se jouait l’activation de l’article 7 des traités contre la Hongrie, une procédure de sanction pour rupture des valeurs européennes fondamentales. Il était nécessaire de recueillir des deux tiers des voix, seuil atteint d’un cheveu. La droite européenne a volé en éclat au tribunal d’un des siens, jusqu’au sein des délégations nationales. Faut-il se tirer du piège et sembler sanctionner Orban avec Manfred Weber, candidat de la droite à la Commission ? Faut-il crânement le soutenir, comme Nadine Morano sur les consignes de Wauquiez ? Fallait-il fuir à la buvette à l’heure du vote comme Brice Hortefeux ?

Rien n’est tranché. Demain, la procédure de l’article 7 va s’enliser car elle demande l’unanimité des Etats membres dont la Pologne, également touchée. Le Parti populaire européen n’a aucune intention au-delà de cette sanction symbolique d’amputer son membre Hongrois, ce qu’a confirmé son président Joseph Daul qui attend les résultats de la procédure article 7 pour se prononcer. « Il contient son extrême droite » entend-on dire… Au sens d’incorporer alors.

 

Version longue d’un article publié chez nos amis de Témoignage chrétien

 

 

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