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« Je n’ai jamais disparu », assure la tenniswoman chinoise Peng Shuai

Dans un entretien accordé à L’Équipe, Peng Shuai dément les rumeurs portant sur sa disparition en novembre, à la suite d’accusations d’agressions sexuelles impliquant un haut dirigeant chinois. La joueuse de tennis annonce également prendre sa retraite.

par Alice Ferber

Peng Shuai aux Internationaux de Strasbourg en 2014 © Claude Truong

Rien de spécial. Voici comment Peng Shuai décrit son quotidien. À Pékin, où se déroulent les Jeux olympiques d’hiver, la joueuse de tennis chinoise s’est entretenue pendant plus d’une heure avec deux journalistes de L’Équipe, qui l’ont trouvée « en bonne forme ». Une nouvelle rassurante pour l’athlète, prise dans un puissant tourbillon politico-médiatique après avoir accusé un haut fonctionnaire chinois de l’avoir violée. Dans cette interview, la première accordée à un média international et indépendant depuis novembre, la championne chinoise annonce également prendre sa retraite.

« Je n’ai jamais dit que quiconque m’avait fait subir une quelconque agression sexuelle »

« Mes problèmes sentimentaux, ma vie privée, ne doivent pas être mêlés au sport et à la politique », précise l’ancienne numéro un mondial en double. Et pour cause, son nom a largement circulé sur les réseaux sociaux avec le mot-dièse #OùEstPengShuai, jusqu’à apparaître en une de nombreux quotidiens sportifs internationaux, dont L’Équipe le 20 novembre. « Pourquoi une telle inquiétude ? », s’étonne-t-elle. « Je n’ai jamais disparu », assure la Chinoise, avant d’ajouter :

« Je n’ai jamais dit que quiconque m’avait fait subir une quelconque agression sexuelle. »

Peng Shuai

Cette explication ne convainc pas le géopolitologue du sport Pascal Boniface, qui remet en doute la liberté de Peng Shuai de s’exprimer :

Le 2 novembre 2021, Peng Shuai affirmait sur Weibo, un réseau social chinois, que l’ancien vice-premier ministre de Chine, Zhang Gaoli, l’a forcée à avoir des relations sexuelles non consenties trois ans plus tôt. Trente minutes plus tard, son message disparaît de la plateforme. Deux semaines s’écoulent sans apparition publique ni signe de vie de sa part. Le 21 novembre, elle assiste à un tournoi de tennis à Pékin, sans pour autant dissiper les doutes sur la pression que le régime chinois pourrait exercer sur elle.

Entre-temps, les instances dirigeantes du tennis mondial, ainsi que de nombreuses personnalités sportives et politiques, partagent leurs craintes à propos de la santé et la sécurité de la tenniswoman. Le président de la WTA (l’Association mondiale des joueuses de tennis) Steve Simon envisage même de boycotter les tournois prévus en Chine.

Retraite sportive

À 36 ans, la championne choisit de mettre un terme à sa carrière, d’autant que ses « multiples opérations chirurgicales » au genou la poussent à croire qu’elle ne pourra plus concourir à son meilleur niveau de jeu.

Invitée par le Français Nicolas Mahut à jouer le tournoi de Roland-Garros avec lui en double mixte, Peng Shuai lui répond qu’elle a « peur de ne pas avoir le niveau ». Sourire aux lèvres, elle ironise :

« Je crois que je ne peux qu’intégrer une équipe de vétérans après ma retraite. »

Peng Shuai
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