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Mourir peut attendre… Ou pas

Deux ans après la fin du tournage, Daniel Craig dit adieu au complet de 007 dans un dernier opus mitigé. Alors en train de couler des jours tranquilles en Jamaïque, l’ancien agent du MI6 est approché par un vieil ami de la CIA : accepterait-il, une dernière fois, de sauver le monde d’une nouvelle arme bactériologique tombée entre de mauvaises mains ? C’est mission acceptée pour le fameux James Bond, qui s’embarque dans des péripéties toutes plus dangereuses les unes que les autres.

Avec une scène d’ouverture parfaitement réussie où l’émotion est à son comble, Mourir peut attendre commence fort, trop fort peut-être. On comprend bien l’ambition du réalisateur Cary Joji Fukunaga : proposer un cinquième film à la hauteur de ses prédécesseurs (on se souvient du succès de Skyfall de Sam Mendes) pour clore l’ère Daniel Craig et mettre fin à un chapitre. Mais à vouloir trop bien faire, on en fait trop, et c’est là le défaut de ce dernier opus : il se tire une balle dans le pied.

Si le film est remarquable pour ses scènes d’actions et de poursuites, il laisse à désirer sur de nombreux points : Léa Seydoux incarne une Madeleine Swann plus que monotone, contrairement au personnage d’Ana de Armas – malheureusement trop vite oublié – qui régale par son peps et sa vivacité, les fusillades sont parfois bien trop irréalistes au point de laisser Daniel Craig figé devant le canon, pas le moins du monde inquiété par la menace imminente et le grand méchant interprété par Rami Malek est inconsistant. Dommage donc de vouloir trop en faire pour finalement s’emmêler les pinceaux dans des détails basiques.

Sur un générique signé Billie Eilish, Daniel Craig revêt une dernière fois le rôle de l’agent OO7.

©universalpictures

Un James Bond des temps modernes

Mourir peut attendre conserve une pointe d’humour malgré ses aspects sérieux tout en faisant écho aux images traditionnelles de l’agent du MI6. Toutefois soucieux de rester dans l’ère du temps, il se débarrasse aussi de ses éléments misogynes autrefois constitutifs – et c’est de bon augure.

Un des éléments les plus marquants – et les plus discutés avant la sortie en salle du film – est l’introduction, tout en douceur, de Lashana Lynch en tant que nouvelle 007. Si l’on peut saluer l’initiative de déconstruction de codes dépassés, il reste à déplorer que notre nouvelle agente du MI6 reste un peu dans le décor en n’ayant ni rôle ni personnalité à part entière dans ce dernier chapitre de 2 h 45.

Un bilan mitigé

Mourir peut attendre est donc un film ambitieux qui met à l’honneur un Daniel Craig plus humain sur lequel repose encore une fois le destin de la planète, mais il reste trop chargé au point d’être parfois incohérent. A trop vouloir s’approcher du soleil en produisant un film clôturant de façon grandiose un pan de l’histoire du plus mythique des agents britanniques, on risque de se brûler les ailes et d’obtenir un dernier opus brouillon. Attention donc à ne pas trop se perdre au risque de s’y ennuyer.

Mourir peut attendre

Réalisé par Cary Joji Fukunaga 

Avec Daniel Craig, Léa Seydoux, Rami Malek, Lashana Lynch et Ralph Fiennes

En salle depuis le 6 octobre 2021

Durée : 2h43

Morgane Geoffroy

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