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Peninsula: un blockbuster coréen décevant

Par Morgane Geoffroy

La suite du succès mondial Dernier train pour Busan du réalisateur sud-coréen Yeon Sang-ho est bien à l’opposé de nos attentes. Ce blockbuster, pourtant très attendu, n’arrive pas à convaincre : les personnages prennent place dans un univers post-apocalyptique des plus artificiels où les ennemis ne sont plus les zombies – devenus de fabuleux acrobates – mais les hommes avec leurs vices.

A défaut de salles obscures, depuis la fin février on peut trouver le film en DVD.

Quatre ans après le début de la fin du monde et l’apparition d’un virus qui transforme les hommes en zombies, une équipe de rescapés établie à Hong-Kong est chargée de récupérer une somme d’argent considérable abandonnée en plein Séoul. Très vite les choses tournent mal et les protagonistes font face à des difficultés. Au gré des rencontres et des alliances, les destins se croisent et les consciences se libèrent, permettant ainsi aux héros d’achever leur(s) mission(s).

Si le scénario est accrocheur au premier abord, on est vite déçus par une artificialité omniprésente : les effets spéciaux saturent l’écran et en deviennent ridicules, les zombies sont plus vivants que jamais et enchaînent des chorégraphies surréalistes, et la présence pléthorique de courses-poursuites gave et encombre les scènes. Face à ces accélérations incessantes, les ralentis qui viennent clôturer le film paraissent interminables et rendent le temps élastique.

Si l’on ne retrouve pas l’ambiance à huis clos qui participa au succès du long-métrage précédent, le jeu des acteurs – et en particulier des plus jeunes – est toujours convaincant, en témoigne la performance touchante et attachante de Lee Ye-won, dans le rôle de Yu-jin.

En bref, ce qui manque à Peninsula, c’est un brin de réalisme dans ce monde post-apocalyptique : l’impression d’être dans un studio de tournage est trop présente dans les scènes en extérieur, ce qui empêche le spectateur de se plonger dans l’illusion. On notera toutefois un clin d’œil probable au chef-d’œuvre de Claude Monet, Impression, soleil levant (ca.1873, huile sur toile, musée Marmottan, Paris), qui, dans le cas présent, serait plutôt un soleil couchant.

Réalisé par Yeon Sang-ho

Avec Gang Dong-won, Lee Jung-hyun, Lee Re

Date de sortie : 21 octobre 2020 (15 juillet 2020, Corée du Sud)

Durée : 115 minutes

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