Environnement

L’abandon des cimetières : une faute grave qui touche au coeur.

Capture d’écran 2020-05-19 à 18.08.34Covid et Friches comme unique décors, derrière les murs de clôture.

A Strasbourg comme souvent ailleurs, l’abandon et le traitement désinvolte des cimetières , constituent une faute grave, scandaleuse et génératrice de rancœur et de protestations particulièrement amères . Les inhumés ont été confinés comme tout le monde ! Et le personnel «  soignant ! » avec eux mais hors du cimetière ?

 

« De profondis » : n’entendez vous pas les clameurs qui viennent des profondeurs ? « Les morts, les pauvres morts ont de grandes douleurs »(Baudelaire : «  la servante au grand cœur ) Oui, cruels décideurs sans cœur et sans esprit, froids fonctionnaires territoriaux abusant de la négligence coupable des élus sourds aux appels des familles endeuillées, sachez que les morts ne sont pas tout à fait morts puisque qu’on continue de les pleurer, de les honorer , de les chérir. Quand on peut, dans leur sombre et froide demeure.

 

Une lugubre jungle de hautes herbes, de ronces, de pissenlits.

Capture d’écran 2020-05-19 à 18.08.00Un voeu pieux

 

En quoi le personnel municipal a-t-il eu besoin d’être exempté du service d’entretien, dans un lieu fermé à tout public. L’occasion rêvée pour, en toute tranquillité, jardiner dans les allées et entre les tombes…et en deux mois rattraper les retards déjà dénoncés depuis des mois, avant la crise sanitaire. Pas de problème de distanciation puisque on manque de personnel donc sur quelques hectares…..

Les éboueurs, eux n’ont jamais manqué à l’appel. Tandis que les espaces verts sur la voierie ont été délaissés aussi comme en témoignent les mauvaises herbes le long des murs et des trottoirs ou au pied des arbres. Pourquoi ? Parce que font défaut les responsables sérieux, compétents et dévoués correctement managés par un maire-adjoint délégué. Quand les politiques élus sont «  mous », les employés de tous rangs travaillent à leur guise, à leur rythme et si une épidémie vient à s’en mêler, ils se confinent à temps plein et à plein traitement.

Répartis judicieusement et encadrés, ils ne risquaient rien, en tout cas pas plus et même beaucoup moins que tous ceux et toutes celles qui ont travaillé dans les commerces de première nécessité, les transports, les caissières qui n’ont obtenu une vraie protection que tardivement etc .

Dans la comparaison on ne parlera pas de tout le personnel de santé, exceptionnel, admirable, bravant le risque. Ce serait leur faire outrage.

 

Capture d’écran 2020-05-19 à 18.11.23

Mais là il s’agit d’une profanation oui c’est le mot. Au « Ste Hélène » ( c’est le jargon des hommes de l’art des cimetières) j’ai vu il y a quelques années les reliefs de garden party avec barbecue et senti les exhalaisons des grillades et merguez . Outré, j’ai envoyé immédiatement une photo prise à la sauvette au président de l’Eurométropole ( c’était quelques jours après la profanation criminelle du cimetière juif de Sarre-Union ) .M. Robert Hermann a fait en sorte que les sanctions soient prises et ce fut fait le lendemain. Aussi la direction ?la chefferie ? la direction générale ? ,enfin les très hauts responsables de terrain, ont fait « sauter » sur ordre l’équipe locale, sans doute recasée. Enquête faite, la cheffe est toujours la même et elle n’aurait rien perdu de sa suffisance et même glissé vers l’arrogance envers les contestataires. Anecdote:
Il est un cas très drôle, s’il n’était à pleurer. Un monsieur, très respectable retraité de la Ville, quelque peu râleur impénitent, dont les parents reposent en ce cimetière et auxquels il voue une légitime dévotion, s’est vu menacé d’une interdiction de cimetière et autres sanctions sous des prétextes grotesques Et chez ces gens là …le droit…on ne connaît pas.

 

L’avenir n’est pas bien rose

 

Je sais, (j’ai interrogé le sommet de la hiérarchie), c’était et c’est encore pour protéger ces pauvres employés des nuées de covid qui, comme des feux follets, les poursuivraient entre les tombes pour les assaillir.

Grotesque et imbécile une fois de plus, les heures d’ouverture sont modifiées donc évidemment réduites Au quotidien, c’est à dire hors fin de semaine ou jours fériés, de 17 à 19 heures. Osera-t-on ajouter que les portes sont automatiques et programmées.

Capture d’écran 2020-05-19 à 18.07.23

Désormais c’est donc pendant ces deux heures que la foule des visiteurs pourra aller honorer ses défunts. Sans doute pour éviter les bouchons ? Une logique à l’envers , imparable. D’ailleurs, il n’y a jamais plus de 10 personnes en même temps sauf à la Toussaint bien entendu.

A la vérité, comme concessionnaire, n’aurait-on pas droit  à l’accès à sa concession. Non ?

Ce long coup de gueule s’adresse à une chaine de responsables au sommet de laquelle les préoccupations du moment – élections, crise sanitaire- pesaient plus lourds que ce problème annexe, secondaire, négligeable.

Eh bien non ! Les morts ne votent pas certes, du moins pas chez nous, mais les survivants eux votent, très souvent dans l’émotion. Alors foin de la circulation des vélos et des tramways, des coutournements ou pas, de la construction bétonnée et surtout de la philosophie et même de la théologie, c’est le cœur qui dicte le choix.

 

Alors « responsables mais pas coupables », «  A l’insu de votre plein gré » et autre échappatoire , la situation nécessite une refonte d’un système dépassé avec un personnel investi sérieusement et qui prendrait en compte la particularité sensible du domaine des morts.

 

Antoine Spohr

 

 

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