EU-26 mai

Merci pour le siège mais pas pour tout, mon président !

Merci aussi à vos services qui m’ont fait savoir que la supplique que je vous avais adressée vous est bien parvenue. Antoine Spohr

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Qu’est ce qu’ils disent: ? Demandez à l’artiste Pierre-Grégoire Wibaux.

 

 Oui, enfin vous l’avez dit clairement :« intangible non négociable », tant que les traités seront respectés et ne pourront pas être supprimés, ni même amendés sans le consentement unanime des membres. Strasbourg gardera donc le Parlement Européen…..pour les sessions ordinaires. Promis, juré ! Merci mon chef de l’Etat qui ne peut plus se rétracter .

 Sauf si….

On se rappelle que vous avez déclaré qu’il n’y avait pas de tabous et que les traités pouvaient être rediscutés, disputés proposant : « une conférence européenne » « sans tabou » qui pourra proposer « d’amender les traités ». Vous n’avez certes pas pensé à en exclure le traité d’Edimbourg( cf * 1)) mais d’autres y pensent, surtout à Strasbourg dont le siège en est en principe conforté.

On comprend d’ailleurs mais on se demande quel processus démocratique pourrait permettre d’amender les traités qui énoncent la règle intangible de l’unanimité, règle paralysante. Le respect de tous les membres doit-il comporter cette clause, dans certains cas, maléfique ? Et bien sûr d’autres amendements sans avoir recours à de nouveaux traités sont-ils possibles ?

L’article 48 (*-2) du Traité de l’Union Européenne rend la modification extrêmement compliquée mais pas impossible après ratification par les peuples….tous les peuples..Evidemment il faut que chacun y trouve son compte ( majorité absolue des électeurs  cette fois!)

Alors les parlementaires qui seront élus en mai prochain pourront-ils modifier comme ils l’entendent encore souvent dans la mandature qui s’achève, le traité d’Edimbourg par quelque « manipulation machiavélique » ? Il faut les dissuader fermement. Vous savez tout cela, Vous mais vos jeunes conseillers…. ?

Qui osera leur dire à ces eurodéputés que lorsqu’on postule à un poste, on accepte implicitement sa localisation, comme dans toute entreprise ? Qui y ajoutera que le dénigrement de Strasbourg sur le plan logistique est absolument fallacieux? D’ailleurs, Pierre Loeb vous a remis, en ma présence, lors de votre visite au Lieu d’Europe pour la signature de Contrat Triennal, un fascicule-réquisitoire étayé contre les «  anti-strasbourg » et plaidoyer tout aussi fondé pour la pérennisation ad vitam (aeternam) de la capitale européenne en France dans une Eurométropole rhénane, au cœur du cœur de l’Europe.

Bien sûr que vous n’ignorez rien de ces positions sauf si…ces sujets ne vous parviennent pas faute de communication approfondie de vos conseillers élyséens les plus rapprochés pas toujours très bien inspirés ou peu compétents.

 

La liste « Renaissance » illustre cette incompétence .

Vous avez récompensé un jeune louveteau poitevin de votre équipe de campagne, promu conseiller politique du président, Stéphane Séjourné ( ni Sciences Po ni ENA comme certains, comme d’habitude et c’est bien). Mais cette récompense n’a pas suffi. Après son échec aux législatives contrairement à des camarades de terrain, vous lui offrez un gros lot de consolation en le propulsant cette fois à la présidence de la Commission d’Investiture ( liste Renaissance) ce qui lui permet d’être sûr d’un bon point de chute puisqu’il se place lui-même en position très confortable. On se croirait revenu à des pratiques antérieures qu’on croyait proscrites, comme celle des parachutes ventraux de secours quand le grand n’a pas fonctionné. De Strauss-Kahn disqualifié à l’embryon de votre naissance réussie jusqu’à la victoire. Bravo au jeune homme! Mais j’ose imaginer que dans la période agitée que nous vivons, vous ayez d’autres chats à fouetter et que vous déléguiez certaines charges à des «  politiques » avertis et confirmés, expérimentés comme ce qui est requis pour un DRH d’entreprise. Je suis moi même très enclin à chercher à encourager à tous crins nos jeunes mais pas dans un exercice si délicat et difficile qui requiert d’autres qualités que celles de bateleur.

Un impact particulier de cette incurie à Strasbourg.

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Conseil municipal de Strasbourg en séance

Strasbourg n’est pas une ville comme les autres en regard de l’Europe. On le sait partout sauf…visiblement à Paris ou Poitiers..

Une autre particularité vient s’ajouter dans la foulée de l’évènement du 26 mai : la capitale européenne compte au moins 3 candidates éligibles : Mmes Anne Sander pour LR,députée sortante qui n’a pas démérité ; Pernelle Richardot adjointe au maire pour le PS ; Fabienne Keller pour « Agir » mouvance promue par LaRem, la seule sûre d’être élue compte tenu de sa place privilégiée, les deux premières étant sur la corde mouvante de la limite.selon les sondages.Que cette dernière n’a-t-elle eu le courage de présenter une liste  » Agir » avec le soutien  de Alain Jupé! Elue  elle aurait pu accompagner  les élus de  » en marche » au Parlement.

La candidate vraiment méritante dans la discipline, dans l’exercice et dans l’engagement européens, Mme Nawel Rafik-Elmrini figure en place non éligible de la liste LREM+ dite Renaissance. Adjointe au maire chargée des affaires européennes et internationales ( 2° mandat) , libre de parti et engagée dès 2016 dans  » en marche aux côtés du 1° adjoint également « marcheur » Alain Fontanel, connu comme le dauphin du maire-sortant , elle poursuit , stoïque, son travail comme on peut le voir en permanence dans les Institutions européennes.

On considère qu’il y a là non seulement une injustice inexcusable mais encore une maladresse scandaleuse due à l’absence totale de connaissance du terrain ou , pire, un mépris jacobin.

Pas de liste  » Agir » alors on drague!

 

Voilà donc que l’ancienne maire, Mme Keller, UDF, puis UMP puis Agir, la plus agissante dans l’opposition municipale contre l’équipe de son grand rival qui l’a battue aux dernières municipales Roland Ries, maire socialiste de Strasbourg depuis 2008, la voilà «  marcheuse supplétive » à côté de Alain Fontanel et même de Mme Rafik-Elmrini tous deux tenus de soutenir la liste Renaissance où elle est si bien placée par la grâce de Stéphane Séjourné et consorts. Enfin on murmure sous cape que c’est aussi par la grâce d’Alain Jupé dont elle fut porte-parole et, encore plus bas, peut-être de Bayrou, le vent soufflant du Sud-Ouest et les sélectionneurs ne connaissant pas l’aphorisme qui dit «  qui trop embrasse mal étreint ». Certains marcheurs de la première heure peuvent se sentir parfois poussés dans l’ornière par ce ratissage trop large. On verra.

Mais en étant tout à fait prosaïquement comptable , on aurait dû tenir un raisonnement évident : Mme Keller avec Agir n’apporte rien,.Au contraire elle dissuade de nombreux marcheurs et ne rallie pas les jupéistes pour autant et cela dans tout le pays et particulièrement en Alsace et à Strasbourg où d’aucuns considèrent que, dans ces conditions, il vaut mieux voler au secours d’Anne Sander ou de Pernelle Richardot . On observe d’ailleurs  que certains députés alsaciens marcheurs n’ont pas agité l’encensoir au profit de  leur collègue candidate, de peur de voir  » en même temps » émerger un peu plus leur ami Alain Fontanel. Les comptes d’apothicaire se feront au trébuchet….

Bilan : tout faux, zizanie  animée au conseil Municipal où l’ancien député socialiste et adjoint Philippe Bies (PS) a eu le culot de demander au maire de retirer les délégations du 1° adjoint Fontanel, condamné à cohabiter avec « l’ennemie » Keller.

Intelligemment pour éviter toute confusion le maire Roland Ries a refusé en rappelant qu’il y avait un contrat pour tout le mandat et qu’il fallait le respecter. Bravo à monsieur le maire, qui n’y est pour rien et qui peut  laver ses mains, en toute quiétude. Fermez le ban jusqu’aux municipales.

Réparation ? Que Stéphane Séjourné se retire au profit de l’Européenne patentée ou qu’il inverse les rangs.

Cà, mon président, çà aurait de la gueule et ouvrirait une carrière à votre jeune protégé par votre grâce renouvelée.

Mais je sais que, pas plus que la supplique, cette missive que je n’ai pas pris le temps de faire plus courte, ne sera lue si d’aventure elle vous parvenait.

Très respectueusement

Antoine Spohr

 

ANNEXES

 

  • 1)  Lors du Conseil européen d’Edimbourg les 11 et 12 décembre 1992, les Chefs d’État ou de gouvernement des pays membres de la Communauté européenne vont confirmer la ville de Strasbourg comme siège officiel du Parlement européen.

L’annexe 6 des conclusions de ce même Conseil indique explicitement que « le Parlement européen a son siège à Strasbourg où se tiennent les douze périodes de sessions plénières mensuelles y compris la session budgétaire ».

Cet accord sera confirmé par le traité d’Amsterdam, signé en octobre 1997 et entré en vigueur le 1er mai 1999. Un protocole portant sur la fixation des sièges des institutions est annexé à ce traité. Il confirme l’accord réalisé lors du Conseil européen d’Edimbourg en décembre 1992 et indique encore une fois que le Parlement européen siège « à Strasbourg où se tiennent les douze sessions plénières mensuelles y compris la session budgétaire ». Ce même protocole précise par ailleurs que « les périodes de sessions plénières additionnelles se tiennent à Bruxelles. Les commissions du Parlement européen siègent à Bruxelles. Le Secrétariat général du Parlement européen et ses services restent installés à Luxembourg

  • 2)

 l’article 48 du traité sur l’Union européenne (TUE) 

.En effet, pour les procédures de modification dite « ordinaires », l’alinéa 4 dispose :

« Une Conférence des représentants des gouvernements des États membres est convoquée par le président du Conseil en vue d’arrêter d’un commun accord les modifications à apporter aux traités. Les modifications entrent en vigueur après avoir été ratifiées par tous les États membres conformément à leurs règles constitutionnellesrespectives. »

Et pour les procédures de modification dite « simplifiées », l’alinéa 6 dispose :

« Le Conseil européen statue à l’unanimité, après consultation du Parlement européen et de la Commission ainsi que de la Banque centrale européenne dans le cas de modifications institutionnelles dans le domaine monétaire. Cette décision n’entre en vigueur qu’après son approbation par les États membres, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives. »

1 réponse »

  1. Bravo à Antoine Spohr d’avoir dit ce que beaucoup pensent! De plus le fait de prévenir avant les élections que l’on se présentera à une élection municipale et que si les électeurs devaient adhérer à son projet, elle abandonnerait le Parlement pour son mandat municipal, est une insulte à l’Europe !

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