Par Eloîse Lehmann.

Capture d_écran 2018-06-27 à 17.55.33Le PIMUN (Paris International Model UnitedNations) s’est déroulé du 24 au 27 mai 2018. C’est une conférence qui amène des étudiants à prendre part à une simulation, représentant le travail effectué par les diplomates au niveau de l’ONU. Tristan Roullier, étudiant à la faculté de Versailles-Saint Quentin en Études Européennes et Internationales, y a participé et a accepté de répondre à nos questions

Eloïse-

Beaucoup d’étudiants auraient sans doute aimé participer à cette expérience .Explique nous Tristan  toi qui l’a vécue, où, quand et comment, les étudiants se sont transformés en apprentis diplomates en simulant bien sûr, pour le moment en tout cas.

Capture d_écran 2018-06-27 à 17.28.54Tristan Rouiller :

Cette édition se déroulait dans trois lieux différents à Paris : à Sciences Po , rue St Guillaume, à La Faculté Catholique de Paris et à l’American Graduate School, encore à Paris. Les débats et les négociations vont bon train durant toute la simulation, le but étant  d’arriver à un consensus, et donc de voter tous ensemble pour le « resolution paper ». Tout le monde doit être d’accord.

Chaque étudiant a un rôle prédéfini, parmi trois catégories : les débutants, les intermédiaires et les avancés. Je faisais partie des intermédiaires, dans le comité désarmement, en étant membre de la fédération de Russie. Je faisais le lien avec les quatre autres comités, qui étaient le conseil de sécurité, le WWTO qui était responsable de l’allocation du budget, le conseil de l’Arctique, et le sommet d’urgence. J’allais y voir ma délégation pour avoir des informations et leur en donner. Les débutants ont un rôle moins important, c’est souvent ce rôle qui est conseillé pour les participants faisant leur premier MUN.

Eloïse

-Y a-t-il une sorte de cursus ?

Tristan-

C’est vrai qu’en y réfléchissant, je ne conseillerai pas de commencer par être intermédiaire. J’ai été très direct avec mes collègues en leur disant que c’était mon premier MUN et que je ne savais absolument pas à quoi m’attendre. Ils ont été très gentils et tout s’est bien déroulé, mais pour une première c’est quand même mieux d’être dans les débutants : c’est plus tranquille, il y a moins de pression, puis tu acquiers de l’expérience aussi. Mais La fédération est en revanche attribuée aléatoirement. Il y a aussi les « chairs », qui sont chargés d’organiser le MUN dans sa totalité : choix des thématiques, administration…

Eloïse-

Chaque MUN propose un scénario ou une histoire différente. Quelle était la vôtre ?

 Pour celui-ci, nous étions en 2014, et un câble de communication partant du Japon devait arriver à Londres en passant par l’Arctique. Se posait alors le problème des eaux territoriales et surtout du barrage de mines en mer du Nord : comment le retirer ? Qui allait payer ? En fait, toutes les questions à se poser si ce projet devait réellement avoir lieu. Le deuxième sujet était la régulation des drones. C’était très intéressant car on pouvait se placer dans de la fiction en imaginant les évolutions des drones, comme l’utilisation d’ondes sonores . Encore une fois, l’importance est de trouver des règles acceptées de tous et assez précises pour être efficaces.

Eloïse

Pour participer, que faut-il faire ?

Tristan-

Tout le monde peut y participer, à condition d’y mettre le prix. Pour celui-ci, il fallait débourser 95€. Avec des amis et l’association que nous avons montée dans notre faculté qui s’appelle le SQYMUN, nous voudrions faire le World MUN à Barcelone. Mais le problème c’est que ça coutera bien plus cher. Le MUN à Paris est organisé tous les ans, mais il est aussi présent dans d’autres villes du monde durant toute l’année.

Eloïse-

Avais-tu une raison bien particulière ?

Tristan-

Cela s’inscrivait dans ma filière. Avec des amis on s’est dit que ce serait une bonne expérience. Vraiment je le conseille, c’est extrêmement fatigant mais c’est incroyable à vivre..

Eloïse-

Quel emploi du temps?

Tristan-

Au cours des quatre jours, l’emploi du temps est serré. Le premier soir c’est une cérémonie d’ouverture : c’est l’unique moment ou des professionnels interviennent. L’invité d’honneur était le Président de l’Association Française pour les Nations Unis, Mr Bernard Miyet. Après son discours d’ouverture et après nous avoir remis les badges pour avoir accès aux salles durant les jours suivants, il y avait un cocktail sur une péniche. On pouvait y rencontrer des diplomates en exercice et faire du networking.

Le deuxième jour, c’est le début du travail : débat en comité, réunion en délégation… On échange avec tout le monde pour connaître l’avancée des négociations. Avant le MUN, on rédige un « position paper » pour savoir quelle sera la ligne que notre fédération adoptera . Le soir, chaque personne représentait cette fois-ci son pays d’origine. C’est le moment d’échanger sur la culture de chacun. Il y avait vraiment des gens qui venaient de partout : des gens qui faisaient leurs études en France mais qui n’en étaient pas originaires, des gens du monde entier, des français aussi venant d’un peu partout . Les secteurs d’études sont aussi différents, bien que majoritairement tournés vers les sciences politiques.

L’avant-dernier jour, on écrit le « resolution paper draft », c’est-à-dire le brouillon du papier définitif statuant sur les avis de chacun. Ensuite c’est la séance plénière, afin de voter et de mettre tout le monde d’accord. Les participants reçoivent aussi des « awards », afin de récompenser les meilleurs d’entre eux, en fonction des catégories. Ces derniers sont complétés par de prix remis le jour d’après, lors de la soirée de clôture. Tandis que les awards sont plus destinés à faire sourire, les prix sont donnés au meilleur « position paper » ou à la meilleure délégation par exemple.

Eloïse-

Et alors quel bilan tires tu d’une telle expérience ?

 Le MUN permet de mieux comprendre le travail de l’ONU ainsi que sa manière de fonctionner. La codification y est très importante, rien n’est laissé au hasard. Réunissant 191 pays, on peut comprendre : c’est primordial afin que le travail soit efficace et que des accords soient trouvés. Ça m’a donné envie d’aller y travailler, mais quand j’ai regardé les modalités pour devenir diplomate, j’ai compris qu’ il faut sortir de grandes écoles telles que l’ENA ou Sciences Po. Même si en sortant de ma licence, j’aurai sûrement eu les mêmes cours que ceux d’ une licence à Sciences Po par exemple, mon diplôme sera moins reconnu et mes chances d’accéder aux grandes écoles seront moins importantes .

Eloïse-

Allons pas trop de découragement. Qu’en retiens tu finalement ?

 Tristan-

J’ai trouvé que c’était incroyable d’enchaîner des soirées et des réunions si importantes. Le rythme est effréné. Les procédures m’ont beaucoup marqué : la façon d’écrire les résolutions, l’organisation des comités etc. Dans les résolutions, tout est numéroté, les mots sont choisis extrêmement minutieusement. Tu te rends compte, quand tu dois faire les amendements ou bien négocier la résolution, de pourquoi c’est autant codifié. De plus, il faut aller rapidement : tout est fait pour que ce soit pratique pour s’y retrouver. Il n’y a pas de dérogation, ni de traitement spécial. C’est très intense, car cette année le MUN s’est déroulé sur trois jours au lieu de quatre l’année d’avant. On avait des conférences de 9h à 19h ! .

Tristan tire donc beaucoup de positif de cette expérience, et nous donne rendez-vous l’année prochaine à Paris !

 Propos recueillis par Eloïse Lehmann

Un commentaire sur « Le MUN de Paris:une expérience originale pour les étudiants. »

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