Eurolatio

Un Franco-Coréen europhile.Emouvant!

Nous reproduisons ici ,  in extenso, cette déclaration d’amour lucide, exemplaire, sincère  d’un Coréen de Strasbourg, étudiant en droit et président de  » Réveil Citoyen ».(NDLR)

« Ich bin ein Europäer aus Korea, I am an European from Korea, Je suis un Européen de Corée »

« Les gens ont tendance à européaniser les échecs nationaux, et à nationaliser les succès européens » J. Quatremer

Les questions entourant l’Union européenne sont devenues, pour moi, l’un de mes principaux centres d’intérêt. A tel point que je ne suis jamais avare à en discuter ou à en débattre quand le sujet tombe sur la table, souvent, jusqu’à l’agacement de mes chers amis.

Mais une interrogation s’impose. D’où me vient cette attirance à l’Europe, alors que mes origines les plus profondes viennent de Corée ? Cette attirance qui me donne envie de me transformer en Taureau pour faire la cour à cette « Europe » ?

Aux origines

A quel moment puis-je considérer la naissance de mon intérêt pour les Communautés européennes ? Mon expérience a réellement connu ses débuts lors de mes années lycées. Non pas par l’enseignement proposé des cours d’histoire-géographie, mais par la participation d’un évènement organisé par le Parlement européen proposée par ma professeure d’espagnol, à savoir Euroscola.

L’expérience était la suivante : le Parlement permettait à des classes de lycée venues des quatre coins de l’Union européenne de se glisser dans la peau d’un député européen durant une journée, comme la réalisation de débats dans l’hémicycle ou encore les travaux préparatoires en commissions.

Cependant, je ne peux pas ôter le fait que, rétrospectivement, cette passion européenne semble provenir de l’influence de mon cher père. Lui qui a rédigé une thèse intitulée : L’opinion publique en Alsace face à la construction européenne : 1945 à 1950, et pour qui l’Europe a toujours été un sujet de fascination. Ainsi, il est possible, sans m’en rendre compte, que la graine bleue-étoilée fut discrètement plantée.

Si bien que je me rappelle un souvenir d’enfance. Lors des repas de famille, il arrivait souvent que mon père m’interrogeât sur les noms des capitales européennes. Il me donnait le pays en question, et je devais lui donner sa capitale.

L’affirmation

Les années 2015-16 furent charnière dans la construction de ma compréhension européenne. Outre une seconde participation à Euroscola en mai 2015, le fait marquant restera le Référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni dans l’Union Européenne. Où 51,89% des votants auront fait le choix du « Leave » (sortie). Un résultat qui fut, pour ma part, inattendu. Jamais, je n’aurai cru pouvoir imaginer le départ d’un Etat membre de l’Union européenne, car dans ce cas, la signification même du terme « Union » perdrait de sa substance.

Même si, aujourd’hui, l’issu concernant le Brexit semble toutefois incertaine. Un mécontentement se fait ressentir autour de la Prime Minister Theresa May au sujet des négociations entreprises sur la sortie du Royaume-Uni de l’Europe.

2016, fut également l’année d’un évènement majeur sur le plan personnel. Il s’agissait de ma participation au European Youth Event (EYE). Un évènement qui a lieu tous les 2 ans au Parlement Européen de Strasbourg et regroupant pas moins de 5 000 jeunes venus de toute l’Europe, pas uniquement de l’Union européenne, mais élargie au niveau des membres du Conseil de l’Europe comme l’Ukraine ou la Norvège.

Le principe est relativement semblable à Euroscola. Durant 2 jours, ces 5 000 jeunes participent à des commissions, des débats parlementaires ou encore des conférences réalisées par des acteurs de la construction européenne sur des sujets, néanmoins, plus variés et plus complexes.

L’avenir

J’ai par conséquent remarqué que l’Union européenne fascine autant qu’elle est sujet à controverse.

2019 marquera mes premières euroélections. Et à ce titre, nous, notre Think Tank « Réveil Citoyen France » et moi-même, avons décidé de lancer notre grand projet : « Réveil Europe 2019 »* afin d’intéresser les plus jeunes (18-25 ans) aux questions européennes.

* Qu’est-ce que « Réveil Europe 2019 » : https://eurolatio.org/2018/04/12/eurolatio-innove/

Conclusion

 Malgré mon affection à l’Europe, je n’oublie pas pour autant mes origines coréennes. Et je ne peux m’empêcher pas de faire un rapprochement entre l’Allemagne et la Corée. Toutes deux séparées suite à des conflits armés. L’Allemagne peut, clairement, être un exemple pour mon pays dans le cadre de la réunification. Elle qui a dû attendre près de 40 ans avant de voir le mur tombé.

Une expérience qu’a connu Thomas Bach, allemand et actuel président du Comité international olympique (CIO), et qui s’est ressentie lors de son discours de clôture durant les derniers Jeux Olympiques d’hiver à Pyeongchang (평창). Des Jeux qui resteront dans l’histoire, comme le retour et à la paix sur la péninsule coréenne.

La construction européenne a débuté lorsque la Seconde Guerre mondiale a pris fin, avec comme idée première était le désarmement pour maintenir la paix entre les Etats membres (Union européenne a reçu le prix Nobel de la Paix en 2012).

Alors, qui sait, peut-être assisterons-nous à la naissance d’une Union asiatique, dont les prémices semblent doucement se mettre en place, et qui s’affirmera grâce à une réunification. Tout comme les Communautés européennes en leurs temps.

Han-Ul CHANG

창 한울

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