70 lycéens parlementaires d’un jour à la MISHA

C’EST EXTRA, C’EST UNISTRA POUR LE LYCEE !

Une session parlementaire au Jardin des Sciences pour un débat éthique et scientifique sur « La Ville de demain »

 La Science et le parlementarisme se cultivent à la MISHA (Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme d’Alsace) : le 16 avril 2018, en effet, s’est tenue la session annuelle du Parlement de Sciences, dans le cadre du Jardin des Sciences de Strasbourg.

Deux classes de lycéens de l’Académie de Strasbourg ont été sélectionnées pour se rencontrer et questionner « La ville de demain », sous l’égide de chercheurs, d’experts et de l’équipe d’universitaires en charge de cette mission de diffusion des Sciences, côté Jardin – une émanation d’Unistra.

Le rapport des résolutions votées à main levée en assemblée plénière a été transmis à des élus de l’Eurométropole et de la Région Grand Est.

Jardiniers des Sciences et de l’avenir

 

Après une année blanche, en 2017, mais fort de six ans d’expérience le Jardin des Sciences qui a pour vocation depuis 20091 de valoriser les sciences dures et le patrimoine universitaire des Universités de Strasbourg (Unistra) et qui brille par les activités du Planétarium et des Journées du Patrimoine, a réouvert le 16 avril 2018à un public lycéen choisi les portes de son Jardin (universitaire et scientifique) et de la prestigieuse Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme d’Alsace, sous la houlette du responsable, Monsieur Sébastien Soubiran.

Autour de la thématique de « la ville de demain » la future assemblée a été constituée par un travail en amont, encadré par huit professeurs de deux classes de l’Académie de Strasbourg. Ainsi, une Seconde du Lycée Kirschleger de Munster et une Première S du Collège Episcopal Saint Etienne de Strasbourg, sélectionnées sur dossier de candidature, depuis janvier 2018, par la Chargée de projet du Jardin Amandine Duluard et son associée, la doctorante, Mechthild Richter, ont été amenées à réfléchir sur le sujet.

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Le travail au Jardin : la ville en question ou comment traiter les problématiques scientifiques, sous l’autorité d’experts et sur le mode démocratique.

Le but est scientifico-politique, ou l’inverse : il s’agit de réunir des jeunes et futurs citoyens et de les répartir en commissions de réflexion, animées par leurs professeurs modérateurs et chapeautées par des chercheurs spécialistes dans quatre secteurs phares, autour de questions éthiques et citoyennes liées à la ville de demain, tout en les initiant aux processus parlementaires. Cette édition du Jardin des Sciences a mis à l’honneur les questions suivantes :

  1. Comment réduire la pollution et les déchets en ville ? Avec le spécialiste Rémi Barbier (Professeur à l’École Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg)
  2. Bâtir l’avenir – vers un urbanisme et un habitat plus durable. Avec le spécialiste : Emmanuel Dufrasmes (Enseignant en Ingénierie Durable à Ecole Nationale Supérieure d’Architecture)
  3. Comment encourager la transition énergétique et les énergies renouvelables en ville ? Avec la spécialiste : Sophie BUESSLER (Laboratoire Image Ville Environnement : LIVE)
  4. Comment relever le défi des ressources alimentaires ? Avec la spécialiste : Sandrine Glatron (Chargée de recherche CNRS, Laboratoire Image Ville Environnement : LIVE)

 

A l’issue de la phase matinale de traitement de ces problématiques, les quatre commissions, partant de constats – réalistes mais pas toujours pessimistes -, éclairés et enrichis par les connaissances et travaux de recherche des experts, deviennent force de proposition – sans excès idéalistes – et rédigent des propositions liées à l’urbanisme, l’énergie, l’alimentaire et la (dé)pollution dans la ville à venir.

Une pause méridienne nourrissante et conviviale, offerte par la maison, est dégustée sur les pelouses du campus. Les goûts, les us et coutumes sont aussi en question : quand les carottes râpées dans le sandwich poulet-curry ne plaisent pas à tout le monde, et finissent à la poubelle … comment concilier la teneur des débats éco-citoyens et les réalités ? !

thumbnail-2A la reprise des travaux, les textes vidéo-projetés sont soumis à présentation orale au pupitre et à débat puis après certains amendements, à vote à main levée en assemblée générale, toute l’après-midi durant dans la salle plénière … de la MISHA.

Des graines de la culture scientifique et humaniste …  aux idées qui germent !

Si ces jeunes ne manquent pas de culture médiatique, générale et scientifique, confortée par les éléments de programme travaillés avec leurs professeurs en cours de Géographie, de Sciences Economiques et Sociales, Physiques ou de la Vie et de la Terre, les idées, même foisonnantes sont à résumer en six constats et six propositions maximum, et elles sont loin d’être imperméables à ce qui fait débat dans la société civile et le monde médiatico-politique : dépollution nécessaire y compris sonore et visuelle, révolution des modes de transports, doux de préférence, déplacements pendulaires à repenser, énergies renouvelables à promouvoir, modes de vie à relocaliser pour des éco-citoyens locavores et écoresponsables dans des éco-quartiers à toits végétalisés et des zones pionnières de partage …

Points à forte charge émotionnelle : installer ou non le wifi dans les bus pour fidéliser les usagers dans les transports en commun, métamorphoser ou pas l’humanité carnivore via une agriculture raisonnée et plus vertueuse, en orientant ses goûts vers les mets à base d’insectes ! Fi du wifi, vive l’espace et les transports sans connexion – l’eusses-tu cru ? Les débats ont de l’avenir pour ne pas perdre son assise par le contenu de son assiette.

La récolte que l’on espère fructueuse.

Même la vague de protestation qui s’est fait entendre à l’idée de consommer l’insecte en  mets ou farines n’a pas abattu la moisson de cartons verts marquant l’approbation majoritaire de toutes les résolutions des commissions. De fait, cette jeune assemblée fut fébrile mais disciplinée, dans un échange riche d’arguments, à coup de clics diplomatiques sur les micros parlementaires, mais parfois alanguie, par le poids de la session, par le travail de pesée des mots pour l’amendement des propositions littérairement exigeantes et par la concentration requise, face à des argumentaires patiemment et longuement exposés, par huit porte-parole au micro de la tribune, mais non sans passion.

Le poids des résolutions, saura être apprécié dans le document fédérateur, réalisé in fine, jusqu’à 18 heures, levée de la séance.

N’omettons pas de relever que la réussite de la modération du débat en plénière a dû beaucoup de son efficacité aux arts et aux lettres, représentés par Monsieur Marko Mayerl, comédien de la troupe d’improvisation Inédit Théâtre, qui, distribuant la parole en la stimulant, a fait du « théâtre appliqué », un concept et une pratique mettant à l’honneur, outre celle des sciences dites dures, la puissance des sciences humaines, du spectacle vivant et de l’expérimentation démocratique in vivo.

Pour parachever le bilan sur cette journée vouée à la démocratie à aux sciences, en paroles et en actes, deux issues louables sont dignes d’être mentionnées :

  • La première : le rapport complet des constats et résolution des commissions ne restera pas lettres mortes, car soumis à la sagacité bienveillante de certains élus de l’Eurométropole de Strasbourg et de la région Grand Est, en la personne de Messieurs Alain Jund, Nicolas Matt et Jean Rottner.
  • La deuxième : six lycéens volontaires et compétents, représentants les deux lycées alsaciens, seront participants, tous frais payés dans le cadre de la conférence internationale ESOF (EuroScience Open Forum) à un Parlement de sciences européen. Ce projet, proposé par l’organisation allemande Wissenschaft im Dialog, fait suite aux Parlements européens de jeunes ayant eu lieu en 2014 à Copenhague et en 2016 à Manchester. Rassemblant une centaine de jeunes de 16 à 19 ans issus d’une dizaine de pays européens différents, ce forum 2018 sera l’occasion pour les jeunes représentants des différents pays de se rencontrer durant trois jours pour confronter leurs points de vue, en langue anglaise, à Toulouse, cette fois, sur le thème de « La mobilité ».

Carpe diem : l’idée d’Europe se cultive, au sens large du terme, en essaimant, toujours passionnément, avec les forces vives de la jeunesse, de la politique concrète et des lumières de la connaissance.

Pascale Harlez

 

 

NDLR

Voici un lien pour en savoir davantage dans le détail et avec les participants dont les noms apparaissent pour leur première grande apparition publique ( du moins pour les lycéens

https://www.ac-strasbourg.fr/fileadmin/pedagogie/edd/Actualites/2018/resolution_parlement16-04-2018.pdf

  1. Depuis 2009, le Jardin des Sciences de l’Université de Strasbourg propose des Parlements de Sciences à destination de lycéens alsaciens dans le cadre de ses activités éducatives. Cet événement est organisé en partenariat avec l’Académie de Strasbourg et la Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme – Alsace (MISHA) ; il est soutenu par la Région Grand Est.

 

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