Texte de Maxime Gorki

Adaptation et mise en scène Éric Lacascade –

Avec Pénélope Avril, Leslie Bernard, Jérôme Bidaux, Mohamed Bouadla, Laure Catherin, Arnaud Chéron, Arnaud Churin, Murielle Colvez, Christophe Grégoire, Alain d’Haeyer, Stéphane E. Jais, Éric Lacascade, Christelle Legroux…

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En 1902, Maxime Gorki écrit Les Bas-fonds, première pièce de l’auteur dont les héros sont des exclus et des marginaux.

Entassés dans un local aménagé par un loueur sans scrupules, des femmes et des hommes dans la plus grande précarité tentent de survivre, rebuts d’une société malade dans la Russie prérévolutionnaire. Avec sa troupe d’acteurs fidèles et de jeunes comédiens issus de l’école du Théâtre national de Bretagne, Éric Lacascade porte les élans, les tensions, les conflits et les passions qui secouent cette communauté.

Dos au mur, comment vivre ?

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 Comme une horde de paumés, de reclus, d’exclus, de parias…Cette micro société dans sa loge de pension de basse gamme, foyer pour sans-abris de nos jours, se joue de toutes les atrocités des sentiments humains les plus veules, les plus bas. Le fond, ils le touchent sans cesse, ces personnages haut en couleur qui façonnent un univers gris-bleu, un espace huit clos où se déroulent justice et hargne, beuveries et amours impossibles. L’ « Ancien », le doyen est encore sage et censé, humain, et s’apitoie sur le sort d’une consœur malade, mourante dont l’époux se moque éperdument. Une petite note d’humanité dans ce cercle des horribles lascars. Les comédiens excellent dans ces rôles ingrats et bruts de coffrage; les décors s’alignent dans cette morosité qui parfois s’anime, s’allume et vibre de tendresse ou de rage. Des lits de camp, de survie, alignés en rang serrés accueillent les corps et dépouilles de ces sans abris du coeur. La salle des pendus menace au dessus d’eux de ces oripeaux, peaux vides, enveloppes sans chair: des manteaux qui menacent de descendre et les emporter comme dans un linceul.
Si la bière coule à flot, devient jeu et piste pour mieux glisser, s’enliser ou chuter, c’est pour s’enivrer et oublier, sacrifier la vie à la mort, à l’euphorie artificielle. Le bar est ouvert pour une mise en bière sinistre et sordide.
Un paysage bouleversant de crudité, de nudité, à vif sans chichi ni fioriture pour décrire l’avidité, la cupidité de ceux qui souffrent.
Une ode malgré tout à l’amour que l’on cherche désespérément à travers des destins précaires d’abandonnés de la vie: une cour des miracles oppressante et hélas, trop d’actualité!
Au TNS jusqu’au 1 Décembre

Geneviève Charras 

 

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