Ici, au Palais : colis piégé, anxiété, recherches, constat soulageant, rien, ouf ! Comme au cinéma. Une pensée compassionnelle pour Londres !

Incident regrettable, heureusement sans effet autre que celui de nous permettre d’assister à la première projection mondiale du film, à laquelle nous n’étions pas censés avoir accès immédiatement. Des places inespérées ont été libérées. Nouvelle adage : « à quelque chose, malheur même imaginé, peut être bon. » Bon ! Ouf. 

Forcément, impatience partagée avant de découvrir Le Redoutable, nouveau film de Michel Hazanavicius, de retour sur la Croisette où , on peut dire, il a tout connu. De la naissance de The Artist en 2011, avec la consécration mondiale qu’on lui connaît, à la présentation du hélas et injustement mort-né The Search en 2014.

Donc, Le Redoutable

En 1967, Jean Luc Godard (Louis Garrel, hallucinant de mimétisme) est au sommet de sa réussite artistique et sentimentale puisqu’il est un réalisateur admiré de tous, vivant une grande histoire d’amour avec la comédienne Anne Wiazemski (Stacy Martin, oscillant adroitement entre légèreté et gravité) qu’il dirige sur le tournage de son film, La Chinoise. Malheureusement, cette dernière œuvre sera conjointement rejetée par le public comme par la critique. S’en suivra une crise existentielle pour ce grand cinéaste, qui rejette alors le système qui l’aura façonné, en se radicalisant toujours davantage au point de mettre en péril sa carrière et son mariage.

Comme dans The Artist, c’est à nouveau d’une histoire d’amour dont il est ici question à travers ce couple empreint d’une certaine alchimie, doublée d’une sensualité exquise. Mais, dans la lignée de la saga OSS, il s’agit aussi d’une comédie esthétique, proche du pastiche, rendant constamment hommage au cinéma des années 60, avec ses décors vastes et colorés, ses photographies léchées et un sens du spectacle prononcé, notamment dans la reconstitution des grandes manifestations de Mai 68.

De la comédie, du drame, du sexe, de l’humour, de l’émotion, du romanesque, de l’épique, bref tout ce qu’on aime chez Hazanavicius dont la passion pour le cinéma reste toujours aussi contagieuse autant pour les plus avertis que pour les moins aguerris qui y trouveront toujours un grand plaisir.

Et justement, puisque le film propose également une réflexion sur notre rapport au cinéma, qu’il soit accessible et populaire ou plus social et exigeant, c’est donc bien de cinéma que nous avons parlé, à l’occasion de la conférence de presse, avec cette belle équipe et du rapport qu’elle pouvait entretenir avec ce dernier.

Un moment à découvrir dans la vidéo ci dessous, à compter de la 38’38  avec votre serviteur :

D’une sélection à une autre.

Dans un registre tout aussi léger mais beaucoup plus barré, c’est à La Quinzaine des Réalisateurs que nous avons assisté à la projection de Jeannetteune comédie musicale décalée sur l’enfance de Jeanne D’Arc, en présence du réalisateur Bruno Dumont et de son équipe.

Les amateurs du cinéaste en auront indéniablement pour leur compte car si l’on retrouve des éléments identiques à ceux de son dernier film, Ma Loute, comme ses décors de dunes de sables lorgnant la mer du Nord (étrange pour une histoire se déroulant en Lorraine !!!) en plus d’une direction d’acteur toujours aussi peu habituelle et déroutante, on relève tout de même une plus grande simplicité formelle que précédemment… Le film peut être enthousiasmant aussi notamment grâce à sa bande musicale savamment entrainante…

Netflix, suite et fin…

Vient ensuite, le second et dernier film Netflix ( à l’avenir directement diffusé sur ladite plateforme vidéo sans possibilité d’être vu en salles) de la Compétition, The Meyerowitz Stories, avec Ben StillerAdam Sandler et le génial Dustin Hoffman. Une histoire de famille new-yorkaise où trois demi-frères et sœurs veillent leur père malade tout en essayant de s’en affranchir. Sympathique par moments, drôle et touchant à d’autres mais toujours bavard… TRÈS bavard… TROP BAVARD… On sature sous aussi peu de respiration… Dommage !

Et enfin, première séance dans la sélection « Un Certain Regard », avec L’Atelier de Laurent Cantet, lauréat de la Palme d’Or pour Entre les Murs en 2008.

Sous la chaleur étouffante de La Ciotat, une romancière à succès (Marina Fois) anime un atelier d’écriture auprès de jeunes adolescents. Très vite, l’un d’eux se fait remarquer pour son talent peut être jusqu’ici ignoré, mais aussi pour les sous-entendus violents et extrémistes qui ponctuent son discours. Commence alors à s’établir une relation de maître à élève, entre peur et fascination. Jusqu’à quel dénouement ?

Du cinéma sobre mais intense et qui offre un constat implacable sur les origines potentielles de la stigmatisation et de la radicalisation.

En plus, on fait quelques rencontres bien sympathiques dans le Grand Palais :

À Suivre…

Prochainement, un hommage très émouvant rendu à une figure incontournable du festival, Monsieur André Téchiné et la présentation de son nouveau film, Nos années folles.

Nicolas Colle.

Un commentaire sur « Cannes (4) : Patchwork pour tous les goûts… »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s