La corruption n’épargnerait donc aucune Institution ? Même pas le Conseil de l’Europe (COE), temple de la Démocratie et des Droits de l’Homme.

« L’intégrité et l’efficacité de l’Assemblée parlementaire dépendent de l’observation des règles de conduite les plus exigeantes de la part de ses membres. De récentes allégations sérieuses et crédibles de conduite gravement répréhensible, de la part de certains de ses membres, risquent de saper la confiance du public dans l’intégrité de l’Assemblée ».

Déclaration écrite N°624 signée par 64 parlementaires sur 324 Conseil de l’Europe. On n’y trouve que 3 Français dont un ancien président de l’Assemblée Parlementaire, Jean-Claude Mignon qui connaît l’Institution parfaitement comme sa collègue Anne Brasseur qui lui avait succédé. Elle est accompagnée par 4 autres compatriotes luxembourgeois signataires. A remarquer !

Et on part de là, la justice interne n’existant pas, tout recours étant du ressort des juridictions locales. Alors on se débrouille « inter pares ». Il s’agit avant tout de la « confiance » des parlementaires en leur président et certains de leurs pairs. Le grand public pour le moment est indifférent.

La corruption : un mal incontournable ?

Subreptice, insidieuse, habile, avec une intelligence cynique, la corruption, le mensonge, le traficotage, la manipulation s’infiltreraient dans les institutions les plus vertueuses, par essence et par mission, comme le COE.

Le cas Cahuzac, ministre du budget en France, illustre un pic rarement atteint et vaudrait la métonymie comme Harpagon ou Tartufe. Non ?

Quand on apprend, à présent, que dans le temple de la démocratie et des droits de l’homme, i.e. le Conseil de l’Europe (CoE), l’Europe des 47, des membres de l’Assemblée Parlementaire, anciens ou encore en exercice y compris le président Pedro Agramunt, sont suspectés d’avoir succombé à la corruption ou à de naïves et grossières manipulations. Quand même…On n’y croit pas et même…qu’il y aurait comme partout de sournoises luttes d’influence, internes surtout.

Depuis quelques mois, on parle d’une » affaire Volonte » et on écrit souvent sans précaution d’emploi du mode conditionnel : scandale, blanchiment d’argent, corruption.

Ce qu’on croit savoir c’est que, Luca Volonté, ex-parlementaire italien délégué au CoE où il fut président du groupe PPE aurait cédé à sa cupidité en touchant environ 2 millions d’Euros, en provenance d’Azerbaïdjan via l’entreprise de son épouse en Italie. Une enquête à l’échelle nationale et la Justice italienne après s’être hâté lentement est en cours. Compliqué.

Aux dernières nouvelles fort discrètes, elle aurait partiellement « blanchi » le mis en cause.

http://armenews.com le 28 décembre 2016 par Ara/armenews

On verra.

Vers un Agramuntexit ?

Encore un néologisme confortable qui circule entre parlementaires tous élus nationaux et observateurs in situ, dans le palais strasbourgeois.

Pour mener l’enquête, il faudrait, par exemple un Arfi ou une Mathilde Mathieu, à la « Médiapart ». Ce n’est pas la voie choisie au Conseil de l’Europe qui enquête et auditionne «  à l’interne »avant d’étendre les investigations. On prétend faire le ménage chez soi tout en considérant que c’est le grand public qui découvre la poussière sous le tapis. La photo de la visite à Bachar El Assad a été largement diffusée intra muros. Car c’est ce qu’on reproche à Pedro Agramunt, le président de l’Assemblée Parlementaire (APCE ).

Le décours à présent :

A l’ouverture de la session de la semaine dernière, M.Agramunt s’est expliqué et excusé en même temps sans convaincre vraiment. Il a présente ses excuses en trois points ce qui l’a contraint à accepter une audition dans l’hémicycle :

1) La visite en Syrie a été une erreur mais il y a participé ès qualité de sénateur espagnol et non comme représentant du COE. ( grotesque) et il croit aux vertus du dialogue.

2) Il n’a pas informé les présidents des groupes politiques, aucune opportunité de calendrier ne s’étant présentée.

3) Sa visite a été manipulée par des médias et certains parlementaires russes .

Et alors ?Eh bien personne n’y croit et la plupart des chefs de groupe réclament purement et simplement sa démission sans même avoir recours à une motion de défiance. Soit, mais il se prêtera volontiers à une audition dans l’hémicycle, les questions étant posées par les représentants des groupes.

Cela n’a pas servi à grand chose puisqu’il considère, comme ses collègues également entendus, qu’il a tout dit spontanément dès l’ouverture. Circulez, il n’y plus rien à voir ! Il communiquera sa décision en fin de session. En effet voici son communiqué :

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE PAR LE PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE DU CONSEIL DE L’EUROPE

Strasbourg, le 28.04.2017

Cette semaine, nous avons assisté à un cas complètement bizarre dans l’histoire de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Le spectacle regrettable offert lundi dernier et mardi ne digne pas cette assemblée ou ses membres.

Deux questions figuraient à l’ordre du jour de la session d’avril :

1- Les prétendues accusations de corruption de certains membres de cette Assemblée. En ce qui concerne cette question, le processus d’approbation pour la création d’une enquête indépendante et externe a déjà eu lieu par l’Assemblée.

2- Mon voyage en Syrie comme ma capacité personnelle d’un sénateur espagnol. J’ai donné toutes les explications demandées, mais j’ai été mal utilisé par un groupe de parlementaires très particulier.

Les principes fondateurs de l’Assemblée parlementaire comprennent le respect des droits de l’homme, de la démocratie et de la règle de droit par la diplomatie parlementaire.

La paix, la tranquillité et le dialogue constructif sont nos outils. Par conséquent, je vous encourage à retrouver le chemin du consensus pour atteindre nos objectifs fondamentaux et à nous assurer que cette situation ne se reproduise plus.

 

Un obstination maladroite, redoutable, honteuse ! Cet homme quelque peu fruste, sans doute naïf est visiblement incompétent et sera de toutr façon poussé vers la sortie. Pourra-t-il dans ce cas rester membreordinaire de l’Assemblée ?

« Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes

Ils peuvent se tromper comme les autres hommes »

Le respect de l’alexandrin de Corneille dans Cid ( 1637) interdit de bidouiller le vers en y remplaçant les rois par «les élus » ou pire, « les présidents », du moins certains. Pas trop d’exigence et plus indulgence mais quand même…sauf que… et même si nous aimons cette belle Institution qui a été louangée durant toute le session par le président de la République hellénique M. Pavlopoulos, le roi d’Espagne PhilippeVI et bien d’autres comme toujours. Vite oublions ce triste épisode…après la sortie bien sûr.

Antoine Spohr.

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